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Elections municipales : interview de Myriam Nabet

22 juillet 2013 12 h 37 min2 commentaires

Elections  municipales : interview de Myriam Nabet

 

 A l’approche des élections municipales, le 22 octobre prochain, où nous voterons à la fois pour désigner le nouveau maire de la ville et les représentants au conseil municipal, nous avons rencontré Muriel Nabet, en deuxième position sur la liste pour le Conseil municipal «Le cœur de la société» (Halev ha’hevrati) de M. Léon Benloulou, maire-adjoint.

 


Michaela Benhaim : Muriel, ou Myriam en hébreu, est-ce que vous pourriez en quelques mots nous rappeler votre parcours pour les nouveaux olim qui ne vous connaissent pas encore ?

 

Muriel Nabet : Je suis arrivée de Lyon il y a bientôt 11 ans avec mon mari et mes quatre enfants dont l’aîné venait de fêter ses neuf ans. Quatre jours après notre arrivée à Jérusalem, où nous devions nous installer initialement, mon mari nous a abandonnés, sans que rien ne laisse présager un tel revers de situation. Le lendemain de cet épisode mémorable,  le «destin» nous a conduits à Ashdod où je me suis installée depuis.

Dans un premier temps, j’ai travaillé dans l’immobilier puis dans une salle de fêtes, histoire de me familiariser avec l’hébreu. Par la suite, j’ai trouvé un poste beaucoup plus proche de ce que je faisais en France et j’ai occupé la fonction de Chef de Projet pour le continent européen dans une entreprise spécialisée dans le biomédical située à Ness Tsiona. Ce poste ayant pris de l’ampleur, des déplacements à l’étranger de plus en plus nombreux s’imposaient et c’est la raison pour laquelle j’ai préféré quitter cet emploi à la veille de l’été 2008.

C’est alors que l’on m’a proposé de rejoindre l’équipe de campagne du Dr Yé’hiel Lasry qui était à cette époque candidat à la mairie d’Ashdod. Après avoir activement participé à cette campagne puisque j’étais en 7ème position sur la liste qu’il présentait au Conseil municipal, j’ai souhaité m’investir davantage pour les olim francophones de la ville.

Près d’un an plus tard, j’ai été sollicitée pour reprendre un centre d’activités dédié aux enfants d’olim francophones qui se tenait au Centre Communautaire Edmond Safra en partenariat avec la Fondation Wolfson. Consciente des difficultés d’intégration auxquelles se heurtaient les jeunes olim, quinze jours après mon arrivée dans ce centre, j’ai demandé à le transformer en Centre de soutien scolaire, ce qui m’a été accordé pour les élèves de la 6ème (kita Vav) à la 3ème (kita Teth). Ce centre répondait à de nombreuses attentes des familles d’olim et du coup, deux ans après, la Fondation Wolfson et l’Association AMI, qui était devenue entre-temps partenaire de ce centre, ont ouvert un centre similaire sur Natanya et, depuis quelques mois, sur Jérusalem. J’ai été ravie de constater que le modèle que j’avais initié ici sur Ashdod était devenu un pilote réussi repris dans d’autres villes du pays.

Je viens tout juste de quitter ce poste pour pouvoir me présenter aux élections municipales.

 

M.B : Alors justement quelles sont les raisons qui motivent votre candidature ?

M.N. : Pour avoir moi-même expérimenté un parcours que j’appellerais «Hissardouth» (survie en français), je ne peux pas rester indifférente quand, durant ces quatre années passées au Centre de soutien, j’ai été témoin de tous les obstacles voire, quelquefois, de la détresse, auxquels les olim de France étaient confrontés.

Certes tous les olim, quelle que soit leur origine, vivent leur propre parcours du combattant jusqu’à ce qu’ils parviennent tant bien que mal à s’intégrer. Lorsque, par exemple, la pédiatre de mes enfants ou ma généraliste, toutes deux originaires de l’ex-Union Soviétique, m’ont raconté les humiliations qu’elles ont subi pendant plus de dix ans(!) jusqu’à ce qu’elles obtiennent le poste qu’elles occupent aujourd’hui, je comprends bien évidemment que chaque communauté traverse son lot d’épreuves.

Toutefois, je constate qu’à partir du moment où ces communautés d’olim sont parvenues à s’organiser politiquement, leur force est devenue telle qu’elle leur a enfin permis d’ouvrir de nombreuses portes pour ne pas dire toutes les portes. Je suis admirative lorsque j’observe les russes ou les géorgiens. Ils ont réellement compris l’importance d’un poids politique et ils votent massivement (85 % de taux de participation contre 57 % de moyenne pour la ville) lors des élections pour faire entendre leur  voix.

Les géorgiens, en particulier, m’épatent ! Leur nombre est très modeste, largement inférieur à celui des olim francophones, et pourtant, près de quarante ans après leur arrivée en Israël, ils sont toujours tellement mobilisés et unis qu’ils arrivent à chaque élection à décrocher un siège au Conseil municipal ! En cette période électorale, comme j’ai moi-même de nombreux amis proches de cette communauté, je les observe et je suis vraiment impressionnée lorsque je les vois aussi motivés et actifs pour élire leur prochain représentant. Ils font tout pour éviter que leur électorat ne se disperse sur d’autres listes… Résultat, leur présence dans des pans entiers de l’économie de la ville et dans le domaine culturel est particulièrement importante. Ils ont même réussi à obtenir un jour qui leur est dédié et durant lequel tous les services concernés de la ville s’intéressent à leur histoire et à leur culture.

C’est donc pour créer une ouverture à la communauté d’olim francophones d’Ashdod que je me présente parce que cela fait longtemps que j’ai compris que sans un poids politique AVERE, rien ne bougera vraiment pour nous.

 

M.B : Ok, donc les russes ont des représentants à la mairie, les géorgiens et les éthiopiens également, comment expliquez-vous que les nouveaux immigrants francophones d’Ashdod n’aient jusqu’à ce jour personne pour les représenter à la mairie ?

M.N.: D’abord parce que les français, dans leur majorité, s’intéressent peu à la politique locale.

Ils regardent en permanence les chaînes de télévision française, ne lisent pas les quotidiens israéliens, ne surfent pas sur leur site d’information et, du coup, l’essentiel de l’actualité intérieure israélienne leur échappe. Par exemple, lorsque des français ont acheté des appartements à la Marina, il était question de créer un lac autour duquel il y aurait des cafés avec terrasse. Ce projet a été complètement éliminé par le Conseil municipal il y a trois ans, sans qu’il n’y ait eu la moindre opposition de la part de ces mêmes français puisqu’ils ignorent l’essentiel de ce qui y est voté, et c’est ainsi qu’il y a eu une autorisation pour augmenter le volume de logements dans ce quartier et qu’aujourd’hui, il est question d’y construire sept hôtels… C’est là que je comprends à quel point les olim francophones sont déconnectés, ils vivent ici mais du fait qu’ils ne maîtrisent pas, ou mal, l’hébreu, ils n’ont pas accès à l’ensemble de l’information. De fait, ils ne disposent que d’une information partielle, voire tronquée, bien souvent retransmise avec un délai de quelques jours…

C’est pour pallier ce décalage et cette carence qu’ils ont besoin d’être unis et bien représentés. Avec un membre au conseil municipal, les francophones seront toujours au courant, en temps et en heure, des grandes décisions de la mairie et leurs droits seront respectés.

La deuxième raison est que l’union et la solidarité font défaut aux olim francophones.

Contrairement aux géorgiens par exemple, pour qui l’union est sacrée, les francophones sont particulièrement divisés et c’est bien la raison pour laquelle ils ne parviennent pas à se faire entendre, puisque les institutions en place ne savent pas à qui s’adresser et qui représente qui. Seule l’union des francophones permettra une démarche cohérente et ouvrira la porte à des sphères plus influentes.

Nous avons tous un objectif commun : voir des interlocuteurs francophones en place dans des services clés de la mairie, pour pouvoir, d’une part, les guider et, d’autre part, défendre leurs intérêts.

 

M.B :Qu’est ce qui a motivé votre choix d’être numéro deux sur la liste de Léon Benloulou «Halev Ha’hevrati» ?

M.N. : Durant ces dernières semaines, j’ai rencontré de nombreuses figures politiques tant au niveau local que national. J’ai d’ailleurs reçu quatre propositions de listes différentes pour le Conseil municipal dont une où j’étais assurée d’être élue sans même faire trop d’efforts.

A chaque fois, j’ai eu le même sentiment : les français intéressent les hommes politiques uniquement lors des échéances électorales mais aucun parmi ces hommes politiques ne m’a présenté un programmeconcret pour faciliter leur intégration et encore moins encourager leur alyah ici à Ashdod. Léon Benloulou quant à lui a été le seul à me présenter un programme très bien étudié et à me détailler l’ensemble du dispositif qu’il souhaite mettre en place en faveur des olim francophones. Il souhaite également faire de cette ville la destination privilégiée des futurs olim francophones. Dans cet objectif, il s’est déjà rendu à plusieurs reprises à Paris, Strasbourg et Lyon pour inciter les familles à venir s’installer dans la ville.

De tousles candidatsque j’ai rencontrés, seul M. Léon Benloulou est sincèrement concerné par les français. J’ai été agréablement surprise de constater qu’en plus de très bien parler la langue de Molière, il connait parfaitement les handicaps majeurs de l’intégration mais surtout qu’il veut mettreen place une véritable stratégie d’ouverture de la mairie et du marché de l’emploi local aux olim francophones. Il a très bien saisi les difficultés financières de cette communauté, le manquede travail, les problèmes d’orientation scolaire ou encore le fait qu’il n’existe pas une seule maison de retraite francophone sur Ashdod.

Il compte d’ailleurs parmi les olim francophones de très nombreux amis qui, tous, le soutiennent.

M. Léon Benloulou, actuellement maire-adjoint, siège depuis de nombreuses années au Conseil municipal et c’est ainsi qu’il a bien compris où le bât blesse et que, sans un conseiller municipal, les choses ne changeront pas. Bref, il est de loin le candidat qui montre le plus d’affinités avec nous, qu’ilsouhaite sincèrement intégrer cette communauté et lui ouvrir des horizons plus prometteurs.

 

M.B : Pour quelles raisons pensez-vous être en mesure de représenter la communauté francophone ?

M.N. : Tout d’abord, parce qu’arrivée en Israël à l’âge adulte et avec des enfants, je comprends tout à fait ce que ressentent notamment les parents lorsqu’ils doivent se préoccuper, d’une part, de leur intégration professionnelle et, d’autre part, de l’intégration scolaire de leurs enfants surtout s’ils sont adolescents.

Quand on arrive célibataire, l’Alyah est beaucoup moins stressante puisque la personne est plus mobile et peut se permettre plusieurs expériences professionnelles, plus ou moins valorisantes, sans qu’il n’y ait de grosses conséquences.

Par contre, quand des parents, qui se doivent au plus vite d’intégrer la vie active, arrivent avec leurs enfants, la donne est complètement différente et toute décision peut avoir un impact considérable sur la structure familiale, en particulier lorsqu’il y a des adolescents, et même pour le couple.

Ayant vécu tous les aléas de l’Alyah, j’ai pu, sans vraiment le chercher, aider de nombreux couples qui étaient au bord de la rupture parce qu’ils se sentaient envahis par les difficultés liées à l’Alyah et qu’ils lâchaient prise… Si je ne m’étais pas trouvée confrontée moi-même à un parcours similaire au leur, je ne pense pas que j’aurais été en mesure de les comprendre et de les aider.

Pour la scolarité, après avoir expérimenté au travers de mes enfants le système scolaire israélien, et avoir suivi pendant des années les jeunes olim de mon centre lors de leurs premiers pas en Israël, il ne fait aucun doute que je connais toutes les subtilités du système sur le bout des doigts, en particulier ici à Ashdod. En plus de mon poste de responsable du Centre de soutien scolaire, je suis également vice-présidente du comité de parents d’élèves du Mékif youd et, là encore, je sais exactement quels sont les problèmes que rencontrent les élèves dans leurs écoles respectives, ce qu’il manque au niveau des olim et à quel point la politique locale s’immisce dans le management des établissements scolaires de la ville ce qui a conduit, par exemple, le Mékif Youd à perdre ces quatre dernières années500 élèves pour des raisons qui n’ont absolument rien à voir avec l’éducation ou le niveau du lycée…

En plus, du fait de mes activités diverses, de nombreux retraités me contactent pour demander des renseignements divers. Je connais bien leurs préoccupations : la grande difficulté pour trouver des interlocuteurs francophones dans les services clés de la ville (mairie, Bitoua’h Léoumi, services d’urgence…), un club subventionné par la mairie pour proposer des activités ciblées à moindre coût, qu’elles soient culturelles ou sportives, enfin un centre qui leur apporte également un soutien social.

Pour les séniors, le souci majeur reste l’absence d’une maison de retraites pour francophones. Malheureusement, à ce jour, les personnes âgées francophones d’Ashdod n’ont pas d’autre choix que d’être placées sur Ashkélon ou, plus loin, pour trouver un établissement où une partie du personnel peut communiquer avec eux…

 

M.B : Alors, Myriam Nabet, en conclusion ?

M.N. : J’espère que les olim francophones d’Ashdod comprendront les enjeux et les changements dont ils pourraient bénéficier s’ils sont solidaires et s’ils se déplacent voter pour cette liste où les francophones sont à l’honneur: Halev ha’hevrati.

 

 



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2 Commentaires

  • Un parler vrai ça change de la langue de bois. Félicitations Muriel Nabet j'ai hâte de quitter Ashkelon et de venir vivre à Ashdod où j'ai créé mon activité d'esthéticienne. Vu les difficultés que j'ai rencontré à Ashkelon je n'ai qu'une hâte, quitter cette ville sans énergie vitale et vivre dans une ville où je participe à l'activité économique aussi petite soit la dimension de mon entreprise. Je te rejoindrai volontiers dans tes combats, parce que NOUS DEVONS NOUS FAIRE ENTENDRE. NOUS NE SOMMES PAS DES EMIGRANTS DE DEUXIEME CATEGORIE. Une représentation est impérative pour faire poids et participer aux décisions et à la vie de la ville. Merci Muriel de ton énergie et be atslakha.

  • J'aimerais savoir de quel problème il s'agit Shalom mes amitié Arnold

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