Click here to send us your inquires or call (852) 36130518

Il était une fois « l’Exodus 47»

11 juillet 2013 20 h 16 min0 commentaire

7-EXODUS ARRIVEE HAIFA Il était une fois « l’Exodus 47»   Par Michèle Ash

« L’errance de l’Exodus hante nos mémoires et le voyage impossible vers la Terre Promise reste pour chacun d’entre nous une formidable leçon d’espoir et de courage ».

« L’Exodus 47», ce bateau emblématique dont le courage des passagers a forcé l’admiration du monde entier, a posé les derniers jalons de la nécessité de la création d’un Etat juif au sein des nations. Dans une période de mutation

où les repères s’effacent, le devoir de mémoire est primordial.

L’histoire d’Exodus va marquer un tournant dans l’immigration clandestine vers la Palestine, ainsi que dans la création de l’Etat d’Israël.

Appelé initialement « President Warfield », c’est un navire à vapeur de plaisance américain cabotant de 1928 à 1940 le long de la côte « est » des USA. Dès le début de la guerre, il est transformé en transport de troupe et de matériels pour le compte des Anglais. Il retournera ensuite sous drapeau américain et participera au débarquement de Normandie. Assez éprouvé par la guerre, il rentre aux USA dans l’attente d’une très probable mise à la ferraille. C’est dans le port de Baltimore, que la Haganah le découvre et l’achète. Ce qui intéresse principalement la Haganah, c’est son faible tirant d’eau qui lui permettrait d’accoster discrètement et de fausser compagnie aux destroyers anglais lorsqu’ils arriveraient à hauteur des côtes palestiniennes.

 L’équipage est contacté par des agents de la Haganah : il est composé de 40 jeunes Juifs qui sont volontaires pour quitter les Etats-Unis.

Aux commandes, Yossi Harel (ou Hamburger), né à Jérusalem en 1919, entré dans le Mossad dès 1945, qui avait été choisi par la Haganah car il avait déjà commandé le Knesset Israël avec 3.300 réfugiés (finalement tous déportés à Chypre).

À la barre, le tout jeune capitaine Yehiel Ytzrak Aronowicz dit « Ike », officier américain de 21 ans, possédant une formation maritime reçue en Angleterre au collège King Edouard VII.

Egalement embarqué à bord du « Président Warfield », le pasteur John Stanley Grauel, observateur officiel du comité chrétien pour la Palestine.

Le 18 février 1947, le Président Warfield obtient son certificat de navigation du Honduras. Le 24 février, il  prend la mer, mais le 25 il rencontre une telle tempête et subit de tels dommages qu’il doit retourner aux USA pour s’abriter dans le port de Norfolk. Après de multiples réparations, le bateau reprend finalement la mer le 29 mars, sous le regard des Britanniques, direction : l’Europe. Il restera au port  de La Spézia (en Italie) pour la préparation du bateau : objectif : l’aménager pour y loger 4500 réfugiés…  construire des couchettes, des toilettes, etc… Le Président Warfield quittera La Spézia pour Sète début juillet.

 

Le bateau est prêt à voguer en direction de la Palestine. Il ne manque que les passagers qu’il faut aller chercher dans les camps de réfugiés d’Allemagne et d’Autriche. C’est le travail de la Brih’a, l’organisation sioniste chargée du sauvetage et de l’’émigration des Juifs en Palestine après la Seconde Guerre mondiale.  « Ulcère à Bevin » est le nom de code de l’opération, qui fait référence au ministre britannique des Affaires étrangères, Ernest Bevin.

À Munich, Ernest Franck de l’Agence juive reçoit le message suivant : « nouvelle opération « ulcère » à organiser d’urgence. 4.500 candidats à rassembler et à envoyer entre deux dimanches. Recevez le 24 de ce mois, deux visas de transit collectif de 850 noms chacun, premier convoi le 29 ». Il doit donc organiser dans un délai record l’évasion et le voyage vers la France de plus de 4.000 volontaires de la population déplacée.

Les réfugiés sont amenés d’Allemagne, récupérés dans 20 camps des zones britanniques et américaines. Ils voyagent par 5 transports spéciaux, entre le 30 Juin et le 7 Juillet 1947. Les émissaires de l’alyah beth (l’immigration clandestine) font passer la frontière du Rhin aux futurs passagers, munis d’invérifiables laissez-passer avec la complicité des autorités françaises.

Des rescapés originaires de Hongrie, Roumanie, Pologne et d’autres pays conquis par le IIIème Reich, partent d’Allemagne et arrivent dans le midi de la France. Deux ou trois jours plus tard, les mêmes visas permettent à un nouveau contingent de réfugiés de passer la frontière.

Les futurs passagers sont répartis à leur arrivée dans 12 camps de transit de Sète à Marseille, dont le camp d’Arénas et celui d’Ollioules, par groupe de 30 personnes. Ces groupes sont constitués en fonction de l’âge, lien de parenté, pays d’origine ou affinités politiques ou religieuses. Le camp du Grand Arénas à Marseille en contient près de 2.500, dans un autre on compte 600 enfants de 3 à 4 ans, orphelins recueillis un partout en Europe.

Les autorités françaises demandent que les réfugiés soient munis de papier d’identité et de visa individuel. Ehoud Avriel a conclu un marché avec un consul étranger contre paiement approprié, il fera lui même les papiers. Des camarades de la Haganah et du Palmach parcourent Marseille pour rassembler le plus de photographes possible, afin qu’ils soient emmenés dans des camps de réfugiés pour photographier chaque réfugié (et confectionner de faux papiers d’identité).

Les travaux achevés à Port-de-Bouc, le Président Warfield se rend à Sète, le 9 juillet 1947, en vue du grand départ pour la Palestine. Cette même nuit, un signal retentit dans les camps de Provence : 172 camions de la société Misraki et fils sont prêts à recevoir les passagers et à quitter simultanément les douze camps de la région avec les 4.554 immigrés. Les chauffeurs ne connaissant pas la route, ils se déplacent par groupe de 10 camions, guidés au fur et à mesure des chemins à emprunter par les agents de la Haganah. Des enveloppes attendent les conducteurs à des points stratégiques pour les orienter au fur et à mesure du trajet.

Sur le chemin, quelques surprises attendent les voyageurs : la grève des transporteurs routiers de la Région ralentit considérablement le convoi. Les camions sont en effet bloqués devant les barrages installés par les grévistes. Afin de contourner l’obstacle, la Haganah négocie le passage avec le syndicat C.G.T. Au final, un million de francs fourni par la Haganah, est versé à la caisse de solidarité des grévistes par l’intermédiaire de M. Misraki: les camions obtiennent des laissez-passer spéciaux qu’ils présentent à chaque piquet de grève.

Le convoi devait arriver le 10 juillet, avant l’aube, mais c’est seulement vers midi que les derniers réfugiés embarquent. Les passagers descendent des camions au môle de Saint-Louis et montent à bord du Président Warfield groupe après groupe.

Le commissaire spécial du port de Sète, Laurent Leboutet, fait  preuve d’une grande sollicitude et donne toutes autorisations au capitaine Ike Aronowicz pour l’appareillage du navire. Il facilite l’embarquement des passagers, en délivrant à chacun un sauf-conduit officiel avec un nom d’emprunt, une photo et un tampon du visa du consul de Colombie.

A midi, le bateau est fin prêt à appareiller mais sous la pression du gouvernement britannique, le Quai d’Orsay donne l’ordre d’en interdire le départ.

Saül Meyerov, chef  du  Mossad à Paris, intime l’ordre à Yossi Harel, commandant du «Président Warfield» de quitter le port de Sète coûte que coûte.

Le nombre de réfugiés montés à bord est de 4.554 immigrants, dont 1282 femmes, 1600 hommes, 1017 jeunes et 655 enfants, pratiquement tous survivants des camps de l’Allemagne nazie.

Une couchette est attribuée à chaque passager, elle mesure environ 45cm de large sur 60cm de haut. A l’arrivée sur le bateau, les réfugiés sont consternés, ils peuvent à peine s’y tenir assis.

Le 11 juillet 1947, battant pavillon panaméen, à 3h00 du matin, malgré l’absence d’un remorqueur, pourtant payé d’avance, le Président Warfield risque le tout pour le tout et rompt les amarres. Le navire rencontre plusieurs difficultés : la complexité du petit port de Sète, ainsi que des problèmes techniques, comme un câble qui s’emmêle dans les pales de l’hélice ou encore l’échouage du bateau sur un banc de sable. Finalement, après de nombreuses manœuvres du tout jeune capitaine et de son équipage, le bateau parvient à s’extirper du port et à prendre le large en direction du Sud-Ouest, vers la Palestine.
Dés la sortie du Port de Sète, le Président Warfield est suivi par le destroyer britannique A.M.S. Mermaid, qui mouillait à Marseille depuis deux semaines déjà, en surveillance. Les Anglais ne lésinent pas sur les moyens : en plus du croiseur, il y a 6 destroyers et deux mouilleurs de mines. Le Mermaid sera dés le lendemain rejoint par 5 autres navires de guerre britanniques, dont le destroyer  R36  et le croiseur Ajax.

À bord du navire, chaque passager se voit assigné une place pour la durée du voyage : 2000 personnes sur le pont inférieur D, au niveau de la cale. La chaleur y est insupportable. 1000 réfugiés sont placés sur le pont C. Le pont B est réservé aux familles avec enfants en bas âge, en tout 1.000 personnes. Il comporte 60 cabines, équipées de lavabos. Le pont A supérieur est occupé par l’équipage et les derniers arrivés à bord. Une fois couchés les passagers ne peuvent plus bouger.

Les 24 haut-parleurs du Président Warfield diffusent le premier appel à bord  du commandant Yossi Harel : « (…) Camarades, vous êtes le plus grand nombre d’immigrants jamais transportés sur un seul bateau vers la Terre d’Israël, grâce à la Haganah, à la communauté juive de Palestine  et à celle des Etats-Unis (…) » . Cinq interprètes, responsables de la diffusion des consignes, traduisent les déclarations du commandant. Chacun d’eux parle deux langues, dont l’hébreu, le yiddish, le hongrois, le polonais et le français.

Les passagers sont toujours divisés par groupes de 30. L’organisation et la répartition des tâches s’établissent rapidement. Au sein de chaque groupe, un responsable est chargé de la distribution d’eau et de nourriture. Sur chaque pont, les membres des différents mouvements de jeunesse assurent le maintien de l’ordre. Enfin, chaque groupe tient un journal de bord et une radio est même créée à bord du Président Warfield.

Après 5 jours de navigation, et hors des eaux territoriales françaises, le Président Warfield devient « l’Exodus 47 », le drapeau d’Israël remplace le pavillon panaméen et le soir même des avions de reconnaissance survolent le navire qui approche des eaux territoriales britanniques. Le commandant américain de « l’Exodus 47 » lance un message codé pour la Haganah à Tel-Aviv et continue sa route.

A l’entrée des eaux territoriales de la Palestine, un croiseur et cinq contre-torpilleurs britanniques apparaissent, mais le navire Exodus 47 refuse de s’arrêter et d’obtempérer à la demande des autorités. Finalement, les destroyers britanniques attaquent à seulement 27 kilomètres des côtes. Les passagers de l’Exodus résistent à l’abordage en lançant des projectiles divers : bouteilles, boîtes de conserves, etc. La lutte est si acharnée que les Britanniques doivent faire usage de leurs armes, faisant trois morts parmi les Juifs et plus de 200 blessés.

Le 19 juillet, à 16h30, l’Exodus, escorté par la marine britannique, accoste à Haïfa. Sur le quai, il n’y a que des militaires en tenue de combat pour accueillir le navire, aucun civil. Mais à un kilomètre, des policiers palestiniens et des soldats de la légion arabe contiennent une foule qui entonne des chants patriotiques. Des habitants juifs de Haïfa font signe aux passagers de l’Exodus depuis les balcons et les fenêtres de leurs maisons.

Les passagers, massés sur les ponts, leur répondent en chantant la Hatikva, l’hymne sioniste. Les Britanniques font descendre d’abord les trois Juifs décédés lors du combat, ensuite les blessés et les malades. Des tracts en quatre langues – allemand, polonais, roumain et yiddish – sont distribués aux autres immigrants pour les inciter à débarquer sans opposer de résistance. Ce fut une précaution inutile, puisque les réfugiés sont hébétés, exténués et résignés après les huit jours de traversée et le traumatisme causé par l’attaque britannique. L’espoir de cette masse d’émigrants clandestins se tourne désormais vers le camp de Chypre, considéré comme l’antichambre obligatoire et proche de la Terre Promise. Ils sont d’autant plus résignés que les militants du Palmach et les responsables de la Haganah ont disparu. Les uns se mêlent à la foule pour échapper aux autorités anglaises, les autres se cachent dans les planques du bateau en attendant d’être récupérés par la Haganah pour d’autres missions (Ike, Yossi Harel et l’équipage). Certains des accompagnateurs devront descendre à terre clandestinement, les autres tiendront discrètement compagnie aux passagers pour leur soutenir le moral.

L’évacuation commence directement après le défilé des civières, à la tombée de la nuit. En descendant de « l’Exodus », les malheureux se baissent pour toucher le sol tant désiré et sur lequel ils ne resteront que quelques heures. Le débarquement se poursuit jusque tard dans la nuit.

Les 4.500 réfugiés juifs embarquent à bord de trois navires: l’Ocean Vigour, l’Empire Rival et le Runnymede Park. A l’arrière et à l’avant des bateaux sont montées de grande cages au grillage serré. Au sommet de chaque échelle se dressent des portes aux barreaux épais.

Les groupes et les familles de l’Exodus, éclatés pendant la fouille et la désinfection, se retrouvent séparés puisque les Anglais ne leur laissent pas le choix, ni celui des compagnons de route ni celui du bateau.

Le premier à se remplir est l’Ocean Vigour, accosté de l’autre côté du quai. Quand il est plein, avec à son bord près de 1.500 personnes, les émigrants embarquent vers l’Empire Rival, à 100 mètres plus loin, sur puis sur le Runnymede Park. Ces trois bateaux sont appelés par les Anglais « Liberty-Ship »…

En montant à bord des navires, les réfugiés jettent un dernier regard sur Haïfa. Un à un, ils descendent au fond de la cale par une étroite échelle d’acier, sans rampe, dans une salle éclairée par des réflecteurs. Ils doivent s’accroupir sur le sol en métal, brûlant, où il n’y même pas assez de place pour allonger les jambes. Au-dessus de leur tête, ils aperçoivent le ciel à travers les grillages de leur cage.

Le samedi 20 juillet, à 5 heures du matin, le transbordement est terminé. Les autorités britanniques ont recensé 4.493 émigrants « bons pour le transfert ». Les trois cages flottantes appareillent l’une derrière l’autre à 6h et 6h45.

Un passager écrit dans son journal : « Je suis sur l’Empire Rival. On y est très mal. Il n’y a pas de couchettes et nous dormons à même le sol. Dans la cale et dans deux cages sur le deck. Des cages comme au jardin zoologique. La chaleur est épouvantable : environ 45°. Devant ces cages patrouillent les soldats de la 6ème division ». Il ajoute plus loin : « Heureusement, demain nous serons à Chypre. Nous n’avons d’ailleurs rien, hormis ce que nous portons sur nous : une chemise, un pantalon, nos chaussures ».

Les passagers de l’Exodus quittent Haïfa à bord des bateaux-cages, le 20 juillet 1947, et pensent arriver à Chypre, destination habituelle pour les immigrés clandestins interceptés en Palestine. Mais les autorités britanniques ont d’autres projets pour les réfugiés.

Ernest Bevin, le ministre britannique des Affaires étrangères, veut faire de « l’Exodus » un exemple et briser le mouvement d’immigration clandestine. Il décide donc de renvoyer les émigrés à leur point de départ : la France. D’autant plus qu’il rend cette dernière responsable du départ du bateau. Il exhorte la France de coopérer. Paris répond qu’elle a besoin de temps avant de prendre une décision.

Une guerre des communiqués commence, un véritable bras de fer entre la France et la Grande-Bretagne.

« L’affaire Exodus » est ajoutée à l’ordre du jour du Conseil des Ministres du 23 juillet. La discussion dure plus de deux heures. Finalement, c’est à François Mitterrand, jeune porte-parole du gouvernement et ministre des anciens combattants qui annonce la décision des ministres : « (…) La France a l’intention d’adopter une attitude d’humanité. Si les navires qui les transportent (les réfugiés) touchent à nouveau un de ses ports, la France n’a pas l’intention de fermer ses portes aux émigrants, mais elle ne les contraindra pas non plus à descendre à terre (…)». Cette déclaration signifie habilement le refus de la France de coopérer avec les autorités britanniques.

À bord des bateaux-cages, la vie est de plus en plus difficile : le grillage sur les ponts devient brûlant sous un soleil de plomb. Dans les cales, la chaleur est pire que sur l’Exodus, les émigrants sont à moitié dénudés, couverts de sueur, couchés les uns sur les autres. Il est quasiment impossible de dormir à cause des réflecteurs qui restent constamment allumés.

Petit à petit, les passagers se rendent compte qu’ils ne se dirigent pas vers Chypre, le voyage est bien trop long et les navires semblent avoir modifié leur cap. Dans un journal de bord on peut notamment lire : « (…) Je me réveille, Il fait grand jour. Ma montre indique 8 heures. Nous sommes dimanche, le 20 juillet. Mais comment est-ce possible ? (…) ». Les réfugiés demandent des explications aux Britanniques chargés de leur surveillance et la réponse tombe : leur destination est leur point de départ, la France. Le premier moment de stupeur et de découragement passé, la résistance s’organise. Les membres de la Haganah montés clandestinement sur les bateaux, persuadent les émigrés de refuser de débarquer en France.

Quand les bateaux stoppent dans le port de Port-de-Bouc près de Marseille, les prisonniers refusent de débarquer. Le gouvernement français fait savoir aux immigrants de « l’Exodus 47 » qu’avec leur consentement, il leur sera donné asile sur le sol français où ils jouiront de toutes leurs libertés.

75 passagers épuisés, malades acceptent la proposition française, les autres refusent catégoriquement et répliquent : Nous désirons nous rendre en Palestine, on nous débarquera ici que morts. Les immigrants refusent en bloc les alléchantes propositions de la France et des trois bateaux montent un chant qu’aucun d’entre eux a encore gravé dans sa mémoire (et que d’autres ont qualifié de « divin ») soixante ans plus tard : la Hatikva. (l’hymne du futur Etat d’Israël)

Finalement, le gouvernement de sa majesté donne l’ordre aux trois navires de rallier Hambourg via Gibraltar. Tout est prévu pour accueillir les prisonniers : forces militaires et policières, lances à incendie, grenades lacrymogènes et ambulances de la Croix-Rouge, cette opération sera baptisée Oasis.

Une fois à Hambourg, les trains bondés d’immigrants se dirigent vers les camps de Poppendorf et d’Am Stau, près de Lubeck.

La presse internationale se déchaîne en faisant le parallèle avec les camps nazis. Le Manchester Gardian écrit le 10 septembre : « On ne s’attendait pas à une telle conduite de la part d’un gouvernement britannique encore moins d’un gouvernement travailliste. »

L’histoire de l’Exodus 47 bouleverse l’opinion mondiale qui prend fait et cause pour ses passagers. Quatre mois après cette affaire, l’Etat d’Israël voit le jour…

6-après la bataille (1)Que sont-ils devenus après leur débarquement à Hambourg ?

Le 20 novembre 1947

222 premiers rescapés de l’« Exodus» débarquent d’un convoi officiel à Marseille pour prendre un bateau d’immigration légale vers la Palestine

Le 22 novembre 1947

167 nouveaux rescapés de l’« Exodus» montent à bord du « Marie Annick » rebaptisé le Haportzim qui arrivera en terre promise sans encombre le 4 décembre

Le 13 décembre 1947

600 autres ex-passagers de l’« Exodus» débarquent à Bandol pour rejoindre au cap corse un 3 mats italien, la « Maria Giovanna » qui fera escale à Alger. Le bateau sera arraisonné et les passagers transférés à Chypre.

En Avril 1948

Beaucoup de réfugiés vont quitter les camps d’«Exodus» de la Frise septentrionale (région du littoral de la mer du nord à cheval entre l’Allemagne, les Pays Bas et le Danemark) au nord de l’Allemagne quelques mois après. Il ne reste  que 1.800 personnes des  4.000 réfugiés de l’Exodus parqués dans les camps de Pöppendorf et de Am Stau en Basse-Saxe.

Beaucoup d’anciens de l’« Exodus» ont fui en Europe pour échapper à la vie dans les camps. D’autres, de petits groupes, ont refait le chemin vers la Palestine

Mi-juillet 1948

Après presque huit mois d’occupation, le camp d’Emden a été évacué. Les réfugiés restants au camp d’Emden ont été transférés vers d’autres camps, à partir d’où ils ont commencé leur voyage en Palestine. Quelques jours plus tard, le camp de Sengwarden fut évacué à son tour.

28 juillet 1948

Le Herald Tribune de Paris titre « Les Juifs de l’«Exodus» sont enfin chez eux ».

7 septembre 1948

Conformément aux promesses faites par la Haganah, tous les réfugiés des camps furent acheminés un peu plus tard.

Leur message fut le suivant : «Nous  avons sorti d’Allemagne les derniers émigrants de l’« Exodus» à l’exception de quelques malades. Avec l’arrivée des 70 passagers du  « Kadimah » en Eretz Israël, nous avons tenu notre promesse !»

Soixante ans après, début juillet 2007, sept des 4554 passagers reviennent à Port de Bouc. Marga et Ouri Goren, Shlomo Touboul, Noah Kliger, Gad Touboul, Charlot Bronstein et Shaoul Biber descendent d’un bateau, libres, citoyens de l’Etat d’Israël, sur le quai où les attendent les acteurs de l’époque : l’apprenti boulanger qui fournissait le pain aux 4500 passagers, pour la plupart, réfugiés de la Shoah, en route pour la Palestine, le jeune étudiant en médecine, Robert Vigouroux (ancien Maire de Marseille) qui soigna bénévolement les malades sur les trois bateaux-cages,  Emile Povéda, le pilote de la pilotine qui emmenait les équipes médicales sur les bateaux, l’adjoint au maire de Port-de-Bouc de l’époque, M. Mizraki dont le père avait débloqué les 180 camions (camionneurs en grève) pour le transfert des réfugiés de tous les camps sur le bateau, etc… Tous âgés de 15-20 ans à l’époque, ils ont accueilli, soixante ans plus tard, avec beaucoup d’émotion, entre embrassades et accolades, les yeux embués de larmes, ceux qu’ils ont tant aidés, les 7 ma’apilim. C’étaient les passagers de l’« Exodus »…

Aujourd’hui, le Professeur Meir Schwartz, membre de la haganah,  embarqué clandestinement sur l’Ocean Vigour, (ayant fait office de rabbin sur un le bateau-cage), a fait un magnifique travail de recensement des passagers de l’Exodus : environ 1.800 personnes ont été retrouvées en Israël, et au jour où nous mettons cet article sous presse, environ 1100 personnes sont encore en vie. (jusqu’à 120 ans !). Pour avoir d’autres renseignements et surtout consulter un important fonds de magnifiques photographies de l’époque, faites un tour aux « Archives du Palmach », 10 rue Haïm Levanon  à Ramat Aviv.

 



Tags:

Laissez un commentaire


Powered by Sweet Captcha
Vérifions que vous êtes un humain,
Glissez les écouteurs sur le garçon
  • captcha
  • captcha
  • captcha
  • captcha

雪茄| 雪茄烟网购/雪茄网购| 雪茄专卖店| 古巴雪茄专卖网| 古巴雪茄价格| 雪茄价格| 雪茄怎么抽| 雪茄哪里买| 雪茄海淘| 古巴雪茄品牌| 推荐一个卖雪茄的网站| 非古雪茄| 陈年雪茄| 限量版雪茄| 高希霸| 帕特加斯d4| 保利华雪茄| 大卫杜夫雪茄| 蒙特雪茄| 好友雪茄

古巴雪茄品牌| 非古雪茄品牌

DecorCollection歐洲傢俬| 傢俬/家俬/家私| 意大利傢俬/實木傢俬| 梳化| 意大利梳化/歐洲梳化| 餐桌/餐枱/餐檯| 餐椅| 電視櫃| 衣櫃| 床架| 茶几

橫額| 貼紙| 貼紙印刷| 宣傳單張| 海報| 攤位| foamboard| 喜帖| 信封

QR code scanner| SME IT| system integration| inventory management system| label printing| Kiosk| Voice Picking| POS scanner| POS printer| System Integrator| printing labels| warehouse management| thermal printer| mobile solutions| mdm solutions| mobile device management

邮件营销| Email Marketing| 電郵推廣| edm营销| 邮件群发软件| edm| 营销软件| Mailchimp| Hubspot| Sendinblue| ActiveCampaign| SMS

Tomtop| Online Einkaufen

Beauties' Secret化妝及護膚品

Addmotor electric bike shop

地產代理/物業投資| 租辦公室/租寫字樓| Office for lease / office leasing| Office building| 甲級寫字樓/頂手| 商業大廈| Commercial Building| Grade A Office| Office for sale| Hong Kong Office Rental / Rent Office| 地產新聞

香港甲級寫字樓出租

中環中心| 合和中心| 新文華中心| 力寶中心| 禮頓中心| Jardine House| Admiralty Centre| 港威大廈| One Island East| 創紀之城| 太子大廈| 怡和大廈| 康宏廣場| 萬宜大廈| 胡忠大廈| 信德中心| 北京道1號| One Kowloon| The Center| World Wide House

| Wycombe Abbey| 香港威雅學校| private school hong kong| English primary school Hong Kong| primary education| top schools in Hong Kong| best international schools hong kong| best primary schools in hong kong| school day| boarding school Hong Kong| 香港威雅國際學校| Wycombe Abbey School