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Philippe Karsenty: «Charles Enderlin et France 2 n’ont jamais ete en mesure de prouver la veracite de leur reportage »

2 mars 2012 17 h 55 min0 commentaire

La Cour de cassation vient de rendre un arrêt très attendu, par lequel elle annule, contrairement aux recommandations de l’avocat général, une décision de la Cour d’appel de Paris du 21 mai 2008. Celle-ci relaxait M. Philippe Karsenty, maire-adjoint de Neuilly-sur-Seine et directeur de l’agence Media-Ratings, de la plainte en diffamation déposée contre lui par France 2 et Charles Enderlin. Ces derniers reprochaient à M. Karsenty d’avoir qualifié de mise en scène le reportage diffusé sur l’antenne de la chaîne publique le 30 septembre 2000, reportage au cours duquel était relatée la mort prétendue de l’enfant Mohamed Al Dura sous des balles israéliennes ce même jour. L’ensemble de l’affaire doit être de nouveau jugée au fond par la Cour d’appel de Paris. Interrogé par Sandro Thomassin, Philippe Karsenty commente la décision et ses probables effets à venir.

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Michaela Benhaim : Philippe Karsenty, que vous inspire l’arrêt de la Cour de cassation ?
Philippe Karsenty : La Cour de cassation a cassé l’arrêt d’appel pour une raison de procédure : au cours du procès de 2008, la Cour d’appel avait en effet ordonné à France 2 la production des « rushes » où étaient filmées les images non diffusées par la chaîne. Selon la Cour de cassation, dans la mesure où la production des preuves incombait à moi seul, la Cour d’appel ne pouvait ordonner d’office un tel supplément d’information. Cela peut sembler paradoxal, dans la mesure où Charles Enderlin lui-même écrivait le 20 septembre 2007 : « Je suis personnellement extrêmement satisfait du souhait de la cour d’appel de Paris de visionner les rushes… » Et certes, la production des rushes – obtenue en réalité de haute lutte – a permis d’éclairer substantiellement l’appréciation des faits par les juges.Toutefois, cet élément procédural pourra être corrigé lors de la prochaine instance d’appel.
Je note avec satisfaction que la reconnaissance de ma bonne foi par l’arrêt d’appel de 2008 n’a pas été remise en cause, dans ses motifs, par la Cour de cassation. Si bien qu’il appartiendra à la Cour d’appel, après un nouvel examen au fond, de dire si mes propos, selon lesquels le reportage de France 2 constituait une pure et simple mise en scène, une mascarade qui déshonore la télévision publique française, une imposture médiatique, étaient ou non diffamatoires. J’ose espérer qu’à cet égard l’avis des juges ne différera pas de celui qu’exprimait le précédent arrêt d’appel.

M.B : Quel impact aura, selon vous, le rebondissement judiciaire auquel nous venons d’assister ?
P.K : Cet arrêt démentira en premier lieu l’idée selon laquelle cette affaire doit être oubliée parce qu’elle est ancienne. La décision va certes retarder le dénouement de l’affaire. Toutefois, tels sont les aléas de notre justice, et l’on peut comprendre que la Cour de cassation veille au respect du caractère accusatoire de notre procédure pénale. L’essentiel est ailleurs. Ce qui importe avant tout est que tous ceux qui sont épris de vérité continuent d’agir pour que celle-ci soit finalement établie ; que tous ceux qui n’admettent pas que la désinformation soit, en France, reconnue comme une normalité, sortent de leur réserve et exigent des pouvoirs publics une enquête impartiale ; que tous ceux qui ne se satisfont pas de la narration des événements par la chaîne publique examinent méthodiquement les faits, et puissent ainsi constater les multiples incohérences qui entachent ce reportage. Ce rebondissement technique peut donc avoir pour effet de raviver l’intérêt du public sur une affaire dont les conséquences ont été plusieurs fois meurtrières, de mobiliser le camp de la vérité et de faire enfin triompher celle-ci.

M.B : La Cour d’appel de Paris, dans son arrêt de 2008, reconnaissait votre bonne foi. Cela suffit-il à établir judiciairement la réalité de votre version des faits ?
P.K : La reconnaissance de ma bonne foi n’est pas un simple quitus donné à l’honnêteté de ma démarche. La bonne foi est, en droit, une notion précise. Cela signifie la reconnaissance de la qualité de l’enquête, l’absence d’animosité personnelle, la légitimité du but poursuivi, la prudence et la mesure dans l’expression. Mais bien plus, il n’est pas rare que la bonne foi soit seule retenue, alors même que les juges sont intimement convaincus de la pertinence d’une démonstration. Un journal comme Le Canard Enchaîné gagne la quasi-totalité de ses procès grâce à l’exception de bonne foi qui, en droit, dépasse largement son acception courante. Je vous invite à lire l’arrêt de 2008, dont certains attendus, parmi ceux qui n’ont pas entraîné la cassation, sont accablants pour France 2 et Charles Enderlin. Ils reconnaissaient que mon analyse du reportage était légitime. J’ajoute que ma version des faits est aujourd’hui corroborée par une centaine de preuves.

M.B : Depuis l’arrêt de 2008, des voix se sont- elles exprimées pour réclamer un nouvel examen des faits ?
P.K : Elisabeth Lévy a posé les bonnes questions dès 2008. A plusieurs reprises, le président du CRIF, Richard Prasquier a demandé la désignation d’une commission d’enquête indépendante et impartiale, chargée d’examiner l’affaire. Sa demande a été enterrée par la direction de France Télévision, son président de l’époque, Patrick de Carolis ainsi que son Secrétaire Général, Camille Pascal, aujourd’hui conseiller audiovisuel de Nicolas Sarkozy. Cette enquête a aussi été mise en échec par Patrick Gaubert, président de la Licra à cette époque ; celui-ci avait été choisi pour former la commission d’enquête mixte CRIF-France Télévision. En cela, on peut dire que la Licra a méconnu son objet social, qui consiste précisément à combattre toutes les manifestations d’antisémitisme.                                                                Un reportage de la chaîne allemande ARD reprenait en 2009 ma démonstration de la mise en scène. Il n’a évidemment jamais été question de le diffuser en France. En revanche, il a connu plusieurs diffusions sur la première chaîne israélienne, ainsi qu’en Suisse. Pierre- André Taguieff a présenté une analyse lumineuse de l’affaire dans son ouvrage La Nouvelle Propagande Antijuive (2010). A la suite de cette publication, le 12 juillet 2010, le sénateur Jean-Pierre Plancade a alerté Rémy Pfimlin, alors désigné pour prendre la tête de France Télévision. L’ancien ambassadeur d’Israël Elie Barnavi a demandé la réouverture du dossier, demande mise en échec par France 2, là encore. Plus récemment, M. Etienne Mougeotte, directeur du Figaro, a dénoncé l’impossibilité du débat sur cette question, qualifiant de scandaleuse l’attitude d’Arlette Chabot et la solidarité corporatiste qui entoure Charles Enderlin.

M.B : Des journalistes israéliens appuient-ils votre démarche ?
P.K : La plupart des journalistes de la presse francophone israélienne me soutiennent. Du côté de la presse en langue hébraïque, Yaakov Achimeir (Maariv, Israël Hayom, Channel 1), qui vient de recevoir le Prix Israël du journalisme, m’a soutenu très rapidement. De même, Ben-Dror Yemini (Maariv), Reuven Pedatzur (Haaretz), Adi Schwartz (Haaretz) écrivent d’excellents articles sur l’affaire. Le sujet réapparaît à présent en Israël, grâce à l’arrêt de la Cour d’appel de Paris de février 2012, rendu au bénéfice du Dr Yehuda David, lequel avait démontré que les blessures de Jamal Al-Dura, père du jeune Mohamed, ne provenaient pas de tirs de l’année 2000, comme celui- ci l’affirmait, mais d’une attaque à l’arme blanche de membres du Hamas, huit ans plus tôt.

M.B : Quel rôle va jouer la victoire judiciaire du Dr David ?
P.K : Cette victoire est une excellente nouvelle. De mon côté, j’avais démontré que Charles Enderlin, son caméraman Talal Abu Rahma et France 2 avaient menti. Le Dr David a prouvé, quant à lui, que le père a menti. On s’aperçoit donc que tous les protagonistes de ce scénario mentent. Bien que cet arrêt se rap- porte à une partie seulement de la mise en scène, la victoire du Dr David, officier de Tsahal, héros de la seconde guerre du Liban, a éveillé la curiosité de la société israélienne.

M.B : Vous sentez-vous parfois très isolé dans ce combat ?
P.K : Par le passé, oui mais, peu à peu, les rangs de ceux qui reconnaissent la pertinence de ma démonstration grossissent. Si la classe politico-médiatique, en France comme en Israël, a souvent appuyé Charles Enderlin sur la seule foi de son nom et d’anciennes amitiés, les « vrais gens » soutiennent généralement mon action. J’ai donné des conférences sur cette question dans le monde entier, en m’exprimant en français, en anglais, en espagnol et en italien ; j’ai exposé mes vues dans les plus grandes universités américaines, Harvard, Stanford, UCLA, à la chambre des Lords, au Sénat, à la Knesset, à l’Université libre de Bruxelles, réputée pour son hostilité envers Israël, dans toutes les grandes villes européennes, à Istanbul, en Inde, en Afrique du Sud, à de nombreux symposiums journalistiques… En huit années de combat pour la vérité, jamais personne n’a été en mesure de m’apporter la contradiction.

M.B : Si vous êtes élu député en juin prochain, tenterez-vous de remettre cette affaire à l’ordre du jour ?
P.K : Je tenterai de responsabiliser les médias, et d’obtenir la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les dysfonctionnements médiatiques. L’Affaire Al Dura révèle des anomalies, non seulement au sein de France 2, mais de l’ensemble de l’appareil médiatique français. En tant qu’élu de la nation, il sera légitime de s’intéresser à la pratique journalistique, notamment quand elle est financée par le contribuable. Sur le plan législatif, je militerai pour que soit renforcée la pénalisation de la diffusion intentionnelle de fausses informations, avec une possibilité d’agir en référé. Si vous êtes diffamé aujourd’hui, vous ne gagnerez pas votre procès – si vous le gagnez – avant 2016-2018. Pendant plusieurs années, votre image, vos projets seront ternis. Un exemple : dans le procès en diffamation que j’ai intenté contre Canal Plus pour un reportage de 2008 qui me mettait injustement en cause, j’ai gagné en première instance et en appel, mais quatre ans après les faits, j’attends toujours les publications judiciaires auxquelles la chaîne a été condamnée.

M.B : Dans le procès qui vous oppose à France 2, c’est vous qui êtes en position défensive. Peut-on envisager que France 2 soit, à terme, poursuivi ?
P.K : La seule personne morale qui aurait juridiquement intérêt à agir est l’Etat d’Israël. Or Israël souffre d’une incompétence chronique en matière d’image. Les diplomates israéliens sont souvent diplomates avant d’être des Israéliens. Si l’Etat d’Israël veut changer son image dans le monde, il doit changer ses méthodes de travail et son personnel diplomatique. Sans cela, Israël continuera d’être diffamé, sali et traîné dans la boue. Israël voudra-t-il rectifier son image ? Je le lui souhaite.



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